DeutschEnglishSpanishČeštinaHebrew (Israel)FrenchFarsiPolish

Spenden

Betteln ist eine sehr unangenehme Sache,  betteln aber und nichts bekommen ist noch unangenehmer. (Heinrich Heine)

Helfen sie uns mit beim weiteren Aufbau dieses Zentrums!

Vielen Dank für Ihre Unterstützung!

Veranstaltungen

NEU ERÖFFNET: MAX PECHSTEIN-MUSEUM IN ZWICKAU

In den Kunstsammlungen seiner Heimatstadt findet das Lebenswerk des gebürtigen Zwickauers Max Pechstein nun einen eigenen Ausstellungsort. Seit dem 12. April 2014 werden knapp 50 Werke aus Pechsteins gesamter Schaffenszeit...

Wir auf Facebook

Ceux-ce qui surgissaient du tourniquet à tambour avaient le faciès très marqué because la froidure et la précipitation. Tous ils se foutaient pas mal du spectacle de lumière sur la mer, des crénelages de Saint Victor, des filets entassés au sec sur l’estacade. Cà jactait de partout sans cesse: il était question de zone franche, de papiers qui n’étaient plus à jour, du cadastre maritime et de la valeur du billet vert, des papiers qu’il fallait pour pouvoir partir, et de cette question de zone franche qui revenait sans cesse. J’avais envie de foutre le camp tellement que çà me débectait quand soudainement mon attitude changea du tout au tout. Pour quels motifs çà se produit chez moi ces changements de mental, je suis bien infoutu de l’expliquer. Voici en tout cas que ces piailleries de tout à l’heure je ne les trouvais tout d’un coup plus du tout débectant mais super-sympa ! Cela me faisait penser à ces anciennes jactances des villes portuaires, aussi vieilles que le Vieux Port, peut-être même plus vieilles. Fabuleux commérages des villes portuaires qui n’ont jamais cessé et ce depuis qu’il y a la Grande Bleue, commérages des gars de Phénicie et de Crête, commérages des Grecs et des Ritals, à aucun moment ces tribus qui ne font que tchatcher ne se sont évanouies, ces mecs qu’avaient peur de louper une place sur un rafiot ou tout simplement de ne pas avoir assez de pognon pour se la payer, ces autres qui décampaient vite fait devant n’importe quel danger en ce bas monde, fût-il véridique ou virtuel. Femmes dont les enfants avaient disparu, enfants dont la mère avait disparu, reliquats de troupes déconfites, esclaves qui ont réussi à se faire la malle, tout ce monde d’animaux à tête humaine qui arrivait en fin de parcours près de la mer, là où il se grouillait de monter sur le premier rafiot pour rallier un pays nouveau d’où ils seraient irrémédiablement refoulés à coup de pompe dans le cul, tous se débinaient devant la faucheuse jusqu’au moment de se faire faucher eux mêmes pour de bon. De tout temps des navires avaient fait halte en cet endroit, là même où s’arrêtait l’Europe. C’est là en effet que commençait la mer.

Gilbert (Aix-en-Provence, September 2005)